Intro

Bon alors cette année t'es passé(e) en 1ere L, S ou ES et que tu le veuilles ou non à la fin de l'année tu passeras ton oral et ton écrit de français. En attendant ce jour merveilleux (:D) ton prof te demande de rédiger 1000 lectures analytiques, de faire des plans sur différents extraits de textes... Tu t'en sors plus ? Viens vite fait sur mon blog, tu trouveras certainement ton bonheur. Et même si TON texte n'est pas là, tu peux certainement t'inspirer des autres lectures analytiques... Bonne chance !



Classement alphabétique par auteurs:



-A-



-B-



-C-



-D-

Diderot - Lettre à Sophie Volland (15 octobre 1759)

-E-



-F-



-G-



-H-



-I-



-J-



-K-



-L-



-M-

Marivaux, L'Île aux Esclaves (scène 1)
Montesquieu, Lettres Persanes (XXI)


-N-



-O-



-P-



-Q-



-R-

Rousseau - Troisième Lettre à M. Malesherbes

-S-
Sévigné-Le mariage de Lauzun.


-T-



-U-



-V-

Voltaire, Dictionnaire Philosophique (Torture)

-W-



-X-



-Y-



-Z

# Posté le mercredi 14 septembre 2005 08:24

Modifié le jeudi 22 septembre 2005 14:51

Montesquieu - Lettres Persanes (XXI)

Montesquieu - Lettres Persanes (XXI)
Montesquieu - Lettres Persanes (XXI)

depuit le début jusqu'à "...mille autres choses de cette espèce."


Vous pouvez montrer comment dans ce texte, le point de vue du persan est mis au service d'une critique de la société française.


Voici les pistes de lecture proposées :



I- De l'étonnement à la critique

Montrer ici que le texte se divise en deux parties, l'une assez inoffensive qui porte sur une description de la ville, des moyens de locomotion et des passants, l'autre, plus critique dans sont dénoncés les absurdités de la monarchie absolue et de l'Eglise catholique.
Remarquer la quasi disparition de la première personne dans cette partie et l'opposition entre l'explicitation de l'étonnement du persan et la phrase "ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner".


II- Le point de vue de l'étranger

- comparaisons avec Ispahan, l'Asie;
- naïveté des désignations : "machine", "grand magicien";
- expression de l'étonnement : adverbe d'intensité "si", superlatifs, explictation avec le verbe "s'étonner", etc.
- exagérations: "une ville bâtie en l'air", "les feraient tomber en syncope".


III- La critique des moeurs françaises

- la critique des moeurs urbaines : dénonciation de la vitesse occidentale ; dénonciation de l'impolitesse et du manque d'égard des Français dans la rue.
- la critique du roi : dénonciation des guerres ruineuses, de l'endettement, du papier-monnaie qui a ruiné beaucoup de monde.
- la critique des enseignements de l'Eglise : l'instrument de cette critique est la prise au pied de la lettre du texte biblique.


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# Posté le mercredi 14 septembre 2005 08:30

Voltaire - Dictionnaire Philosophique (Torture)

Voltaire - Dictionnaire Philosophique (Torture)
Voltaire - Dictionnaire Philosophique (Torture)



I – UNE DENONCIATION DE LA TORTURE EN FRANCE

Ce texte de Voltaire est un article extrait de son Dictionnaire Philosophique, intitulé Torture. Ce terme et le champ lexical qui le relaie tout au long du texte constituent donc le thème de l'argumentation. Le mot "torture" apparaît à plusieurs reprises (l.1, 5, 23). Nous trouvons en outre l'expression "la grande et la petite torture" (l.5) qui correspond au vocabulaire judiciaire du XVIII° siècle; le mot "question", synonyme aujourd'hui vieilli du mot "torture" (l.12 et 15); l'euphémisme ironique "ces expériences" (l.8). Le quatrième paragraphe nous gratifie d'une énumération de diverses catégories de tortures : les juges "ordonnèrent qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main, et qu'on brûlât son corps à petit feu" (l.22).

La présence récurrente d'un champ lexical du plaisir signale la thèse soutenue par Voltaire. Pour cet auteur "il n'y a point au fond de nation plus cruelle que la française" (dernière phrase du texte). Et la preuve de cette cruauté, c'est que les français pratiquent la torture sans nécessité et par pur plaisir. Le mot "plaisir" est prononcé deux fois (l. 4 et 14); au second paragraphe. A propos de la femme du magistrat, Voltaire nous précise qu'elle "a pris goût" à ses récits de torture (2°§). La torture est infligée pour des raisons futiles, comme dans cet exemple du 4°§ : "mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons il avait chantées...". Ailleurs, la torture est présentée comme une sorte de divertissement : "après quoi on recommence; et comme dit très bien la comédie des Plaideurs : "Cela fait toujours passer une heure ou deux"" (1°§).



II – LE RECOURS CONSTANT A L'IRONIE

Définition : L'ironie consiste à suggérer le contraire de ce qu'on dit.

Procédés de l'ironie : Elle repose sur divers procédés de décalage entre les mots et la pensée, entre le sens littéral apparent du texte et le sens réel mais implicite que le lecteur complice est invité à restituer. Elle revient souvent à faire entendre dans le texte une autre voix que celle de l'auteur. L'auteur dit les choses non comme il les voit lui-même mais comme l'adversaire pourrait les dire.

Aussi, lorsque vous aurez un procédé ironique à commenter, vous devrez toujours avoir recours à une notion d'opposition, de distanciation ou de décalage :

- procédé de l'euphémisme, décalage entre la faiblesse du mot employé et la gravité de l'idée suggérée ("ces expériences");

- opposition entre l'excuse apparente et l'accusation sous-entendue ("parce qu'après tout les femmes sont curieuses"); entre l'éloge apparent ("les juges d'Abbeville, gens comparables aux sénateurs romains"), et le contexte accusateur ("ordonnèrent qu'on lui arrachât la langue...");

- alliance de mots ou d'expressions de tonalités opposées : "fut convaincu / d'avoir chanté des chansons impies; et même / d'avoir passé (...) sans enlever son chapeau" (décalage entre la gravité de l'accusation d'après les termes employés dans la première partie de l'expression et la légèreté de la faute décrite dans la seconde partie ); "Mon petit c½ur, / n'avez-vous fait donner aujourd'hui la question à personne?" (décalage entre la mièvrerie de la formule introductive et la réalité atroce évoquée par la question qui suit); "il se donne le plaisir / de l'appliquer à la grande et la petite torture" (décalage entre les mots utilisés par Voltaire dans la première partie de la phrase = plaisir, et l'idée qu'il veut nous communiquer dans la seconde partie : la torture est une coutume atroce et ceux qui l'appliquent sont des sadiques déguisés en hommes de lois); etc...

- raisonnements si manifestement illogiques ou excessifs qu'ils obtiennent l'effet opposé de l'objectif apparemment visé . Exemple 3°§ :

Dans le troisième paragraphe, Voltaire attribue aux français un raisonnement peu logique. Ce raisonnement se déroule en deux temps. Premier temps : les français trouvent les anglais inhumains de leur avoir pris le Canada. Ce jugement est dicté à l'évidence par un préjugé patriotique : ces mêmes français auraient-ils accusé la France d'inhumanité si elle avait gagné la guerre qui l'opposa à l'Angleterre pour la possession du Canada en 1763? Deuxième temps : les français ne parviennent pas à comprendre que des êtres aussi inhumains que le sont les anglais aient eu l'humanité d'abolir la torture. Cette conclusion, venant de partisans de la torture, est pour le moins cocasse, car elle repose sur l'aveu implicite que la torture est un acte inhumain. Le raisonnement prêté aux français est donc doublement illogique : dans sa première partie, parce qu'il repose sur un préjugé irrationnel; dans sa seconde, parce qu'il est contradictoire avec ce qu'il veut démontrer.

L'intention de Voltaire est ici de mettre en valeur l'abolition de la torture, dont l'Angleterre a donné l'exemple, et de faire apparaître par contraste l'inhumanité de la coutume française . Dans ce but, il utilise un procédé classique de l'ironie qui consiste à donner la parole à l'adversaire en lui prêtant un raisonnement incohérent qui ridiculise sa position. Le contexte éclaire d'ailleurs sans hésitation possible la visée polémique du paragraphe (cf. l'incise "je ne sais pourquoi" dans : "Les français qui passent, je ne sais pourquoi, pour un peuple fort humain").



III - UNE ARGUMENTATION DIVERSIFIEE

a) Pour chaque §, préciser le domaine de l'exemple, la modalité d'écriture et l'argument implicite.


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# Posté le mercredi 14 septembre 2005 08:42

Modifié le dimanche 03 juin 2007 12:36

Marivaux - L'Île aux Esclaves (scène 1)

Marivaux - L'Île aux Esclaves (scène 1)


De "Eh ! ne perdons point de temps" jusqu'à "car je ne t'obéis plus, prends-y garde".



I - Une scène d'exposition

Présentation de l'utopie

Une époque difficile à situer : références à l'antiquité, mais de manière assez vague (la seule référence est celle de l'esclavage en Grèce) ; on oublie assez facilement cette référence à l'antiquité et la pièce semble davantage se dérouler à une époque contemporaine (cf. le nom d'Arlequin, par exemple, référence à la comédie italienne). Un lieu également très vague (cf. les indications de décor, avant le début de la pièce : une mer, des rochers, des arbres et des maisons).

Une notation importante, celle de l'île, caractéristique des utopies : l'île est un endroit isolé, sans contact direct avec le monde habituel : on peut donc y établir de nouvelles lois et abolir les anciennes. Mais aucune précision géographique (situation de l'île par rapport au reste du monde ; paysage environnant). Le contexte géographique n'est qu'un prétexte à la réflexion d'ordre moral qui constitue l'essentiel de la pièce.

Des personnages typiques : la comédie italienne et la comédie française

- Arlequin : le type du zanni de la commedia dell'arte : valet spontané, joyeux, apparemment sans malice extrême. Accessoire traditionnel : la bouteille (signe extérieur du bon vivant).

- Iphicrate : un personnage qui appartient davantage au fonds comique français. Un aristocrate sûr de sa position sociale, reflétée par le caractère que lui prête Marivaux : égoïsme (nombreux "je" dès la première réplique du passage), condescendance ("mon cher Arlequin"), autorité naturelle (nombreux impératifs).

Il s'agit donc de personnages comiques : la tonalité d'ensemble de la pièce est ainsi donnée sans ambiguïté.

Le début d'une intrigue

Dans cette première scène qui commence par une rupture violente avec un passé auquel le spectateur n'a pas accès (le naufrage, l'utopie permet de lancer la problématique essentielle de la pièce : dans cette île où les relations maître / esclave sont renversées, que vont devenir les deux personnages que découvre le spectateur ? Au renversement concret de situation marqué par le naufrage va peut-être correspondre un renversement d'ordre moral que revendique déjà le valet, puisqu'il affirme dès la première scène son refus désormais d'obéir à Iphicrate, qui, lui, voudrait absolument fuir cette île.



II - Le motif du couple valet / maître

Il est présent dès cette première scène, sans qu'intervienne néanmoins d'emblée le thème du changement de costume. Ce motif est d'emblée placé sous le signe du changement (essentiel du ressort dramatique de la pièce). Après avoir compris le lien qui unissait le valet à son maître, le spectateur assiste à la fragilisation progressive du pouvoir du maître, qui trouve son aboutissement dans la revendication finale d'Arlequin.

Le rôle du langage : au début du passage, Iphicrate associe étroitement le sort du valet au sien : emploi du "nous", tout en montrant d'emblée que seul lui importe son bonheur (trois emplois de "je"). Le changement de situation sociale se manifeste par le passage du vouvoiement et du tutoiement dans les propos d'Arlequin, alors que son maître le tutoie d'un bout à l'autre de la pièce. Un changement qui symbolise une relation plus égalitaire entre les personnages (mais qui ne durera qu'un temps, puisqu'à l'issue de la pièce, Arlequin vouvoiera à nouveau son maître).

La fragilité du pouvoir d'Iphicrate : elle apparaît d'abord dans l'évolution du comportement d'Iphicrate à l'égard de son valet : après avoir donné du "mon cher" à son valet, il se laisse gagner par la colère (cf. la didascalie "retenant sa colère") et injurie Arlequin ("esclave insolent") et il lui prend même l'envie de tuer son ancien esclave (cf. la dernière didascalie : "l'épée à la main" : apparition de la violence d'ordre physique). Elle apparaît ensuite dans les réflexions d'Arlequin : sans son gourdin, son maître a perdu de sa force ; dans les réflexions d'Iphicrate lui-même : il a besoin de "ses gens" ; on s'aperçoit plus loin que, même, il n'existe pas vraiment sans eux. Enfin, elle apparaît dans le comportement d'Arlequin qui passe de l'ironie badine (ordinaire chez ce personnage italien) à l'accusation sérieuse (insistance de la didascalie sur ce changement : "d'un air sérieux"). Le personnage fait ici preuve d'une grande capacité de réflexion, inattendue pour le spectateur (habitué à voir des Arlequins sur scène), en faisant coïncider l'idée de souffrance et celle d'acquisition de la raison : la souffrance revêt une valeur pédagogique (une idée qui sera développée à d'autres moments de la pièce).


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# Posté le mercredi 14 septembre 2005 09:00

Modifié le lundi 04 juin 2007 11:25

Rousseau - Troisième Lettre à M. Malesherbes

Rousseau - Troisième Lettre à M. Malesherbes
Rousseau - Troisième Lettre à M. Malesherbes



I - Une réponse aux accusations de ses détracteurs


# A ceux qui l'accusent d'être misanthrope, Jean-Jacques Rousseau répond par une vie idéale (« siècle d'or ») peuplée d'être selon son coeur. Il répond aussi par la nature et l'imagination, cette faculté créatrice de bonheur. La contemplation de la nature fait exercer son imagination : « Mon imagination ne laissait pas longtemps déserte la terre ainsi parée. » C'est cela qu'il veut partager dans cette lettre. Rousseau s'est créé un monde loin des valeurs mondaines de son époque. Ce thème figurait déjà dans ses oeuvres antérieures (La Nouvelle Héloïse, Les Confessions).

# Rousseau raconte une de ses journées en donnant à sa description des accents lyriques : le début du texte se caractérise par l'exaltation : une vie faite de délice ; modalité exclamative ; inspiration ; élan vers la nature- , et la fin par une méditation religieuse.

# Le retour à la réalité : il figure au centre du texte : Rousseau ne saurait le nier. Le versant plus sombre cette rêverie épistolaire est annoncée par l'adverbe « cependant » qui signale un retour au réel : « Cependant, au milieu de tout cela, je l'avoue, le néant de mes chimères venait quelquefois la contrister tout à coup. (...)Je trouvais en moi un vide inexplicable que rien n'aurait pu remplir, un certain élancement du coeur vers une autre sorte de jouissance dont je n'avais pas d'idée et dont pourtant je sentais le besoin. » Certes Rousseau exalte son bonheur solitaire, mais aussi il le défend, dans une lettre structurée et réfléchie.



II - La lettre est le miroir de l'âme

# C'est à Monsieur de Malesherbes que Rousseau s'adresse dans une ferme intention : celle de réhabiliter son image auprès de la postérité (une lettre ouverte ?) , et peut-être aussi de se justifier, une fois de plus, aux yeux de ses contemporains.

# L'intention de se peindre : la lettre est l'occasion de s'épancher, elle a les accents de la sincérité. Forme idéale pour J.J. Rousseau ? La lettre acquiert avec Rousseau le statut de l'autoportrait, l'expression personnelle s'amplifie en effet au XVIIIème siècle.

# L'expression de l'émotion : gradation du vocabulaire : de l'émotion à la jouissance ; rythme des phrases ; prose poétique ; le monde des sensations.



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# Posté le mercredi 14 septembre 2005 09:32